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Mémoire du 20 octobre 2022

Jeudi noir : quatre ans après, le Tchad pleure ses morts et attend toujours sa justice

20 octobre 2026 · Par La Rédaction

2 min de lecture— vue

Jeudi noir : quatre ans après, le Tchad pleure ses morts et attend toujours sa justice
Photo : Photo transmise à Focus Média — auteur non précisé
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Quatre ans jour pour jour, et la blessure reste ouverte. Ce 20 octobre 2022, des milliers de Tchadiens étaient descendus dans les rues de N'Djamena et d'autres villes pour contester la prolongation de deux années supplémentaires de la transition. La journée a viré au drame.

Quatre ans jour pour jour, et la blessure reste ouverte. Ce 20 octobre 2022, des milliers de Tchadiens étaient descendus dans les rues de N'Djamena et d'autres villes pour contester la prolongation de deux années supplémentaires de la transition. La journée a viré au drame. Gendarmerie, police et garde nationale ont été déployées pour disperser les foules, et le pays a basculé dans l'une des pages les plus sombres de son histoire récente.

Quatre ans plus tard, personne ne s'accorde sur le nombre de morts. Le gouvernement avance un bilan révisé de 73 morts, forces de l'ordre comprises. Les organisateurs des manifestations dénoncent plus de 300 morts, et parlent de disparitions.

La CNDH a établi dans son rapport de février 2023 : 128 morts et 518 blessés. Elle a aussi relevé 12 disparus, en précisant que certaines victimes, par peur de représailles, n'ont pas voulu témoigner. Derrière ces chiffres, il y a des mères, des pères, des enfants, des étudiants et des commerçants. Chaque nombre est une famille. Tant que la vérité complète n'est pas établie, le deuil reste suspendu.

La CNDH a conclu que les forces de sécurité avaient violé de façon systématique plusieurs droits fondamentaux, avec des moyens disproportionnés. Pourtant, des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, déplorent que les autorités n'aient pas mené d'enquêtes pénales rapides, efficaces et indépendantes. Des amnisties sont intervenues, mais l'appel à la justice demeure. Pour les familles, la question de l'indemnisation reste en suspens.

Chaque année, des cérémonies d'hommage rappellent que l'oubli n'est pas une option. En 2025, le parti Les Transformateurs avait organisé une cérémonie en mémoire des victimes.

Au-delà de la querelle des bilans, ce quatrième anniversaire pose une exigence : celle d'une « justice restaurative ».

Un pays ne se relève pas en refermant la plaie sans l'avoir soignée. Honorer les morts du 20 octobre, c'est refuser que leur sacrifice se perde dans le silence. C'est aussi offrir au Tchad, plus fort de sa mémoire, la chance d'un avenir apaisé.

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